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Écrit par
MaaAx

Les consoles portables, ça déchire

Mardi 22 avril 2008 à 00:38 | Dans la catégorie Inclassable

 

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Ça n’aura échappé à personne : le printemps est là (enfin, côté calendrier surtout, parce que d’un point de vue météorologique c’est pas vraiment ça), et forcément, on commence à avoir quelques belles sorties de hits. Faut dire que depuis Noël, on a tous eu le temps de remettre quelques euros de côté, et du coup les éditeurs rivalisent avec leurs magnifiques jeux : Mario Kart Wii, GTA IV, Wii Fit, Rock Band, Haze, Alone in the Dark, DBZ Burst Limit, Metal Gear Solid 4, bref, jusqu’à l’été c’est Byzance ! Seulement voila, tout ça c’est bien beau, mais à y regarder de plus près, ces quelques jolies plantes cachent une forêt un peu sombre : soit on a affaire à des suites de franchises vieillissantes, soit à des séries dont on sait qu’elles se reproduiront en fin d’année sur tous les formats rentables/tendance, et ne pousseront pas les développeurs à aller bien plus loin que la simple mise à jour.

C’est un peu le mal du siècle dans l’industrie du divertissement qu’on pointe du doigt. La surenchère technologique a poussé les éditeurs à augmenter sans cesse leurs effectifs et leurs ambitions, sous peine d’être laissés sur le carreau. Aujourd’hui, les poids lourds de l’industrie déboursent des dizaines de millions d’euros sur leur développements : graphistes, informaticiens, musiciens, acteurs, scénaristes, il faut mobiliser des dizaines de personnes pendant des mois (voir des années) pour créer un potentiel bestseller. Potentiel certes, puisque de nombreux jeux de haut vole finissent dans les oubliettes de l’histoire, avant ou après leur sortie (Duke Nukem, Project HAMMER, Starcraft Ghost, Shenmue 3…). Heureusement, il existe encore des titres capables de renouveler un genre sans être de simples dérivés (l’excellent Uncharted pour ne cite que lui).

Le vrai fond du problème, c’est que le monde du jeu évolue sur plusieurs créneaux, dont les finalités différent dans leur fondement même. On trouve d’un côté les jeux dit “next gen”, qui poussent parfois des studios au bord de la ruine. Très difficiles à rentabiliser, ce sont majoritairement les gros studios, avec des visions tant artistiques que commerciales, qui les financent. Pas étonnant dans ces conditions de ne retrouver que des suites, qui plus est sur plusieurs supports (adieux les exclusivités) - généralement PC, PS3 et Xbox 360. Et si par chance une nouvelle franchise fait un bon score, on est assuré d’en récupérer des suites à rallonges (rapidement profitables pour ses auteurs). On ne parle pas du contenu téléchargeable, qui au contraire bénéficie au fan en prolongeant l’intérêt du jeu. D’un autre côté, on trouve les développements destiné à renflouer les caisses - en vue, fort heureusement, de proposer des sorties plus ambitieuses. La Wii et la PS2 en font de plus en plus les frais. Le gros de leur catalogue est composé de suites à la va vite, de portages sans ambition, ou de licences fructueuses (mais mal digérées) issues des salles obscures. Pas de quoi rêver.

Le constat est sans doute un peu dur mais c’est un fait : les jeux exclusifs et originaux se font de plus en plus rares. Et revers de la médaille : les jeux vraiment forts demandent tellement de temps de développement qu’on se retrouve avec de moins en moins de séquelles sur chaque machine. Là où la NES alignait 3 épisodes de Mario dans son catalogue en fin de vie, la Game Cube n’en aura eu qu’un seul. Idem pour Resident Evil (3 épisodes originaux sur PSOne, un sur PS2, sans doute un seul sur PS3). Au final, si on fait le compte, on s’aperçoit que les machines de cette génération n’offriront à leurs joueurs qu’une poignée de jeux originaux et exclusifs. Le bon côté des choses, c’est que tout le monde ou presque pourra bénéficier de la majorité des jeux du marché. Malheureusement, plus le temps avance, et plus les titres qui nous font acheter une machine plutôt disparaitront. Si encore les consoles et accessoires n’étaient proposés qu’à quelques grosses dizaines d’euros, la pilule serait plus difficile à avaler, mais là, ce n’est pas le cas. Choisir la PS3 pour son lecteur de films HD ou la Xbox 360 pour son portail de jeu en ligne, c’est un peu décevant (surtout qu’au final, les joueurs ne pourront pas se retrouver tous ensemble sur le live). L’excitation des années 80 et 90 est passée à la trappe. L’époque où on choisissait une console pour des dizaines de jeux spécifiques est bien finie.

Tout ça contribue sans doute à l’essor des consoles portables. Forcément, les jeux sont restés à des prix raisonnable, proposent des expériences souvent originales, permettent de s’affronter à plusieurs en direct sans les contraintes techniques habituelles (une connexion au net, un abonnement, des codes à taper…). Et surtout, elles offrent des dizaines d’heures de plaisir, sur des jeux dont chaque partie est prévue pour durer quelques minutes tout au plus. Une vision du divertissement instantané qui colle à notre époque, où nous avons pris l’habitude d’avoir tout, tout de suite. Finalement, heureusement que la DS et la PSP sont là pour sauver le jeu vidéo du néant. On peut prendre les paris : le jeu vidéo nomade finira par dévorer complètement les consoles de salon dans quelques générations de machines !…

 

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